Comment accorder du crédit à quelqu’un qui n’a pas de compte bancaire ?

Je parlais dans mon précédent article de confiance et d’inclusion financière. Dans ce talk travaillé et percutant, cette autre jeune femme partage le travail réalisé précisément sur ce sujet par son entreprise Tala (anciennement InVenture) au Kenya également. Il s’agit toutefois ici de microcrédit.

Ce que j’en retiens

Nous le savons, les systèmes monétaires et les systèmes financiers reposent fondamentalement sur la confiance : la confiance partagée que tel objet, tel métal ou telle écriture a une valeur reconnue par tous ; la confiance que si nous prêtons de l’argent, il nous sera bien rendu selon les modalités fixées entre les parties.

Cela nous semble une évidence puisqu’il s’agit de notre quotidien. J’ai acheté une baguette 1€ hier, ainsi qu’avant-hier, et la veille encore. Ma boulangerie me demandera 1€ demain. Simple. Mais qu’en a-t-il été le premier jour ? C’est à cette question que les acteurs de l’inclusion financière doivent répondre. Le premier jour de leurs clients, c’est aujourd’hui. Alors comment fait-on pour établir cette confiance ?

Tala répond à cette question dans son écosystème. Au Kenya, 55% de la population de plus de 15 ans est bancarisée* tandis que le taux d’équipement mobile** atteint 90%. Il existe ainsi de grandes quantités de données liées à l’historique de téléphonie mobile des individus alors que l’historique bancaire est limité. Tala a donc pris des hypothèses et étudié en temps réel les corrélations entre certaines caractéristiques des données mobiles de ses clients et leur propension à rembourser.

Il s’est avéré qu’il était effectivement possible d’identifier des corrélations et Tala sait maintenant sélectionner un client en fonction de l’intensité de ses échanges avec ses proches, de la quantité de ses contacts sociaux ou de la régularité de ses déplacements. La qualité de son modèle permet à Tala de dépasser les 90% de remboursement, c’est à dire donc de faire aussi bien que les banques traditionnelles.

Aussi bien ? Oui, à ceci près qu’au-delà du prêt accordé, Tala ouvre surtout la porte du monde des services financiers à des personnes qui n’y avaient jusque là pas accès. Les clients de Tala acquièrent un historique de crédit et peuvent ensuite s’adresser à tout le périmètre des institutions financières, qu’il s’agisse d’institutions de microfinance ou d’institutions bancaires traditionnelles. Ces personnes acquièrent un levier pour améliorer leur niveau et qualité de vie et contribuent ainsi au développement économique et social local.
* Données Banque mondiale, 2014

** Données Communication Authority of Kenya, juin 2016

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